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senegal_intranet_gouvIl ne reste que vingt quatre mois aux pays où le processus est en cours pour achever la transition vers l’audiovisuel numérique. Et hier, lors de la cérémonie de clôture du séminaire du Réseau francophone des régulateurs des médias, le président de la République  , Macky Sall, a demandé aux participants venus d’une vingtaine de pays, de prendre en compte, dans ce processus, les dimensions de la diversité culturelle, mais également d’adapter le secteur audiovisuel aux évolutions technologiques.
« L’horizon du 17 juin 2015, date butoir pour le basculement de l’analogique au Tout numérique, fixée par l’Union internationale des télécommunications, est déjà devant nous. L’histoire s’accélère et nous n’avons plus de temps à donner au temps », a remarqué le président la République, Macky Sall, hier, à la cérémonie de clôture du séminaire international organisé par le Réseau francophone des régulateurs des médias (Refram).
Deux jours d’échanges, à Dakar, sur la problématique de la transition vers l’audiovisuel numérique ont permis aux membres du Refram de faire l’état des lieux dans l’espace francophone et de souligner l’importance d’une régulation des contenus en vue de répondre aux enjeux sociétaux. Une fois ce processus de transition vers le numérique achevé, le paysage audiovisuel présentera, inévitablement, un visage complètement différent, avec une multitude de chaînes de télévisions sur un nombre illimité de fréquences. Donc, souligne le président Sall, un contexte de mutations profondes où le rôle des autorités de régulation prend une dimension majeure et toute particulière.
C’est dire, estime Macky Sall, que les pays de l’espace francophone, dans leur diversité complémentaire, doivent s’apprêter à prendre en charge ces changements inévitables, dans un esprit de partenariat solidaire. C’est ainsi, dit-il, que nous pourrons tirer parti des opportunités de partage des dividendes. « A l’ère du Tout numérique, il y a nécessairement des ajustements à faire dans notre vivre ensemble, nos équilibres instables, nos fragilités structurelles et nos particularismes mondialisés », a souligné le chef de l’Etat sénégalais. Face au foisonnement des bouquets télévisuels et le risque majeur d’une marginalisation certaine, Macky Sall a préconisé la prise de « la bonne mesure des changements en cours et surtout les bonnes décisions pour accompagner le mouvement ».

Politique de financement de l’Audiovisuel

Il a soutenu, devant les membres du Refram, que ce bouleversement est certainement, pour les institutions de régulations de médias, une formidable opportunité de mettre à niveau le cadre juridique et organisationnel du secteur de l’audiovisuel, et ainsi de l’adapter aux évolutions technologiques. Dans cette optique, il faudra, estime le président Sall, non seulement asseoir une politique de financement de la production audiovisuelle, mais aussi accroître et perfectionner les outils de contrôle des contenus.
Au niveau du continent africain, le chef de l’Etat sénégalais a rappelé que le calendrier aujourd’hui convenu a fixé l’échéance de décembre 2012 pour l’adoption d’une norme commune de diffusion numérique au niveau sous-régional et régional en Afrique, puis celle de juin 2013 pour la finalisation des cadres législatif et réglementaire nationaux sur la transition à la télévision numérique et l’attribution du dividende numérique, et enfin, le mois de septembre 2013 pour le démarrage du déploiement de la télévision numérique.

Eviter la fracture numérique

Les conclusions du séminaire à Dakar, dit Macky Sall à l’endroit des membres Réseau francophone des régulateurs de médias, viennent confirmer donc le besoin de renforcer la coordination et la coopération de toutes les initiatives publiques et privées pour éviter les redondances et exploiter toutes les synergies possibles au profit des populations.
Les travaux du séminaire du Refram à Dakar, selon Michel Boyon, son secrétaire permanent et par ailleurs président du Conseil supérieur de l’audiovisuel français, ont permis de faire ressortir trois exigences que sont : « la cohésion, la solidarité et la rapidité » dans cette transition vers le numérique. Une cohésion institutionnelle, professionnelle et sociale, impliquant les autorités publiques, les médias, la société civile, pour ainsi éviter la fracture numérique, souligne M. Boyon.
Le secrétaire permanent a également invité à une solidarité, d’abord au niveau des pays africains francophones et membres du Refram, dans ce processus vers le numérique ; puis à une solidarité en dehors du cadre francophone africain, pensant à des pays comme le Ghana et le Nigéria, car, dit le président du Csa français, l’Afrique peut relever ce défi de la révolution numérique. Les potentialités et les ressources étant disponibles sur le continent.
Hier, à la cérémonie de clôture, Marc Janssen, en sa qualité de président sortant du Refram, a invité les pays membres à se montrer « à la hauteur des enjeux du numérique ». A ses pairs francophones régulateurs de médias, M. Janssen, dans un discours de clôture, a demandé d’être « à la hauteur » dans leur fonction de défense, de respect des droits humains, des libertés d’expression, de la diversité, etc. C’est un combat permanent pour ces « baroudeurs de la régulation », estime le président sortant du Refram.

Omar DIOUF

Source: lesoleil.sn

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