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Pour une profonde analyse de l’actualité politique sur internet et mieux  comprendre comment les acteurs politiques utilisent le web dans leurs stratégies, votre média  indépendant s’est rapproché de Aboubacar Sadikh Ndiaye. Il est un expert en stratégie digitale et spécialiste en communication/e-marketing politique. Auteur du Livre PRESIDENTIELLE 2.0, ce spécialiste sénégalais des réseaux sociaux est un analyste averti du champs politique.

Une bonne stratégie digitale est elle nécessaire, pour être parmi les maitres du jeu politique?

Pour ne pas rater un tournant décisif de l’histoire, de toutes les histoires  post-modernes; il faut impérativement disposer d’une stratégie digitale. Et s’adapter aux autoroutes numériques que les usagers empruntent quotidiennement pour accéder à l’information et interagir avec l’opinion publique numérique.

Et cela pour un individu ou  une formation politique ne se limite pas à avoir un site web, à animer un blog ou à figurer sur facebook.

Il faut être un homo-digitalus au sens de la vision, avec une stratégie digitale adaptée et mesurable grâce à des indicateurs de performance. Et pourquoi pas, de devenir le maître du jeu en disposant d’une machine de guerre digitale pourvue de ressources clefs avec une base solide accompagnée d’une offre politique Smart et compétitive.

L’homme politique sénégalais et le numérique ?

Beaucoup de formations politiques ont abandonné les réseaux sociaux et mis hors ligne leur site web au lendemain des dernières élections. Ces dispositifs seront sans doute réactivés à la veille des prochaines élections naturellement pour  recommencer à s’adresser aux sympathisants et électeurs potentiels pour espérer séduire et enrôler.

En général, l’homme politique sénégalais  est votre meilleur ami, votre voisin et parent à la veille des élections. Et disparaitra aussi vite à la proclamation des résultats qu’il soit vainqueur ou pas.

Une forme de communication éphémère ou encore communication occasionnelle pour ne pas dire accidentelle. Les formations politiques ne sont rien d’autres que des marques avec des clients des prospects, des suiveurs et des influenceurs.

Il s’agit d’être présent tout le temps et presque partout (ubiquité digitale) pour interagir, recruter, communiquer, animer les communautés et gérer la relation client. Contrôler pour ajuster et mesurer les actions pour améliorer comme dans une vraie relation ou on écoute plus que l’on ne parle

Le président ou le camp du pouvoir dispose déjà d’une présence dynamique sur les réseaux sociaux majeurs que fréquentent les sénégalais notamment facebook, twitter et youtube. Rappelons que Macky fait partie du top 10 des présidents africains les plus interactifs sur twitter en 2015 selon le magazine Jeune Afrique. Et Aujourd’hui le President Sall dispose d’un compte certifiè sur ce réseau de micro-blogguing mais il y’a des améliorations à apporter. Certains axes révèlent une communication non unifiée et des troupes dispersées comme dans une guérilla. Aucune stratégie identifiable, aucune cohérence parfois, et un Président qui s’auto-glorifie très souvent et réplique aux adversaires comme dans un « ego trip » à l’image de sa toute dernière tournure sur le « lion qui dort » qui a fini par installer un vrai bad buzz sur le web. Grace aux techniques de newsjacking, ses détracteurs l’ont repris et caricaturer sur les réseaux sociaux et cela a été très négatif pour son image de marque. Les exemples se multiplient.

Un Pm qui dément son ministre sur l’identité du demandeur de la « grâce » pour l’affaire karim wade.  Un ministre des finances qui dément son collègue de la justice sur le montant des sommes recouvrées dans la traque des bien mal-acquis. ..

Scandale sur scandale. Une communication articulée autour de démentis et de communiqués de presse afin de sauver ce qui peut l’être. Le président Macky a quand même les moyens d’avoir mieux que ce qu’il possède actuellement. Une bonne coordination des équipes et des prises de paroles, une répartition des rôles dans la parfaite entente pour les différentes sorties. Une veille web et offline pour détecter les crises et anticiper sur les évènements. Un état qui se respecte doit s’arranger pour définir l’agenda disait Dick Cheney plutôt que de recourir à la stratégie dite de Shéhérazade.

L’opposition ne fait guerre mieux. Idrissa Seck réplique à chaque action du président ou du Pds avec une assiduité qui le place désormais parmi ceux qui définissent l’agenda à côté d’un Karim wade. L’ex tout puissant ministre de Wade qui n’a eu lui qu’à croiser les bras et à bénéficier des retombées médiatiques de cette traque dans laquelle il semble être la seule et unique victime « super-star ».

Karim au lendemain de 2012 avait perdu beaucoup de cote mais aujourd’hui cette grande visibilité dont il dispose il le doit a la KARIMERIE, cette machine étatique qui a fini par propulser et positionner Karim wade au point de faire de lui un candidat potentiel pour affronter macky en 2019. Ousmane Sonko suite à sa suspension est aussi entrain de se faire connaître et de vendre l’image de son parti en se positionnant comme victime très soutenue dans les réseaux sociaux. La victimisation peut avoir des retombées pour un homme politique

Nous sommes dans une sorte d’Uberisation de la politique avec une déréglementation totale de la prise de parole politique à cause des médias  sociaux.

Un Samuel Sarr attaque le patron de Rewmi, Idrissa Seck qui pare le coup en lançant des piques à….Macky, la Cojer réplique et dégoupille la grenade Ousmane Sonko et celle de la société civile numérique.

C’est quoi l’Uberisation ? Et quel est son impact sur la prise de décision politique et la société civile numérique

“Parler d’Uberisation de la politique, c’est à peu prés dire que les leaders politiques et syndicaux sont comme nos transports publics. Pas efficaces pour certains, mais avons-nous le choix ?

Et puis un jour, par la force “horizontalisante” d’Internet, tout peut changer.  Comme ce fut le cas du mouvement citoyen NON AU MUR qui a fini par provoquer une décision du chef de l’état.

Ce phénomène dit de la désintermédiation est un facteur d’accélération et de surprise. Aujourd’hui, Uber est devenu un monstre. Peut-être pas un modèle mais il fait son chemin même en politique.

C’est le symbole de la puissance de la désintermédiation quand elle est capable de se structurer. Nous avons été les témoins de l’attentat déjoué en Turquie  grâce à un appel du président via facetime et une mobilisation immédiate de la population par les réseaux sociaux pour descendre sur le terrain et empêcher le putsch. Avec cette désintermédiation les gens cessent d’attendre tout d’en haut et commencent à se tourner les uns vers les autres, à penser tout haut ensemble, mais surtout à agir pour changer les choses.

Et cela ne touche pas simplement facebook mais également les messageries, c’est whatsup, viber twitter ou Snapchat …

Les gens se sont tournés les uns vers les autres en se rendant de leur pouvoir quand ils sont unis pour faire face.

Trump est l’exemple le plus intéressant aujourd’hui de l’ubérisation de la politique.

Il a poussé très loin l’art de parler directement aux électeurs, en prenant en permanence l’initiative, en multipliant les effets d’annonces et les outrances calculées. Ce qui forcément attire l’attention et la réaction des journalistes. Il intervient en permanence sur Twitter, sur Facebook et sur Instagram, des réseaux sociaux qui lui ont valu plus de 12 millions de suiveurs.

Une page facebook, une connexion internet et adieu les intermédiaires du monde politique de l’ancien monde! Aucune muraille ne semble pouvoir résister aux trompettes politiques du web 2.0.

Tout y passe, financement de partis politiques par le crowdfunding, recrutement et interaction avec sa base politique ou encore la validation d’une offre politique de manière collaborative.

Les nouveaux acteurs, les vrais maîtres du jeu, prêts à mettre toutes les chances de leur côté  répondront à ce phénomène d’uberisation par l’innovation. Qui relèvera ce défi majeur et payant ?

Récemment on a constaté une montée de Abdoul Mbaye qui semble avoir une bonne e-reputation. Cela peut il avoir un impact sur ces chances aux prochaines élections?

Abdoul mbaye pour le moment ne fait aucune proposition concrete et se contente de démolir, il avance pour gagner du territoire. Strategie de la terre brûlée

Abdoul mbaye a l’image de karim va certainement être fabriqué par le camp du pouvoir qui va l’attaquer a chacune de ses sorties et cela sera bénéfique pour son capital sympathie.

Mais on attend abdoul mbaye sur plusieurs plans s’il veut se positionner pour 2019. Les sénégalais attendent son offre politique, ses réseaux et ses équipes mais également la vision de l’homme capable de nous faire rêver, de nous faire espérer avec un projet politique capable de rivaliser avec ce qui existe déjà sur la place.

Propos recueillis par Ibra Seck Cassis
Source : Echos2rues.com

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