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callboxDepuis quelques semaines, les utilisateurs de téléphones portables et surtout les milliers de clients des calls box de Yaoundé, semblent tomber des nues. Et pour cause : il est maintenant possible d’appeler un correspondant à l’intérieur du pays à hauteur de 25 Fcfa la minute de communication. Dans les rues de la capitale camerounaise, plusieurs gérants de call box se sont arrimés à la donne. Jean, propriétaire d’un call box au quartier Etoa-Meki, explique que cela fait près d’une semaine qu’il a revu ses prix à la baisse. « Maintenant, on peut appeler à partir de mon call box à 35 Fcfa la minute », explique-t-il. C’est pour lui une grande innovation dans le secteur de la téléphonie mobile, surtout dans un contexte où les Camerounais estiment que les tarifs sont encore très élevés par rapport à ce qui est pratiqué dans d’autres pays africains. Actuellement donc, les Camerounais peuvent appeler leurs correspondants à des tarifs défiant toute concurrence. Avec cependant une nuance : certains font payer aux clients 50 Fcfa à partir de la 4e minute de communication, d’autres par contre reviennent à 25 Fcfa.

Le processus est simple, explique Evelyne, installée au lieu dit SHO. Il suffit de taper un code et de recharger son téléphone avec une carte de 3 000 Fcfa de crédit de communication. Selon les explications des gérants de calls box rencontrés à Yaoundé, MTN Cameroon débite ensuite la somme du crédit de consommation de l’abonné. Une fois fait, l’abonné peut alors émettre de manière gratuite tous ses appels. Et ce jusqu’à minuit. Cette campagne, qui court jusqu’à la fin des vacances, a été lancée par MTN Cameroon avec pour principal objectif d’aider les vacanciers qui sont dans cette activité en leur offrant des communications à moindres coûts, explique un cadre de l’entreprise qui n’a pas voulu engager son entreprise de manière officielle dans ce qu’il qualifie de « polémique ».

Campagne pour les vacanciers

Car, sur le terrain, la campagne, bien qu’elle soit de plus en plus intégrée par de nombreux utilisateurs, soulèvent quelques questions chez d’autres. « J’ai décidé de ne pas adopter cette option. Car, il est difficile pour un call box de recouvrer les 3 000 Fcfa dépensés s’il revend la minute de communication à 25 Fcfa seulement », soutient Angèle, propriétaire d’un call box au lieu dit Ane Rouge. Calculs faits, on constate qu’il faut un nombre considérable d’appels par les clients auprès d’un call box en une seule journée pour qu’il rentre d’abord dans ses frais, et ensuite, pour qu’il puisse faire des bénéfices. « Ce qui n’est pas toujours évident. Donc, cela ne va pas fondamentalement nous aider, surtout pour des gens comme nous qui tirons nos bénéfices essentiellement de la vente du crédit », argue Patrick, gérant de call box à Obobogo.

Du côté des abonnés qui n’ont pas de puces commerciales, l’on estime que si MTN Cameroon peut ainsi « aider les vacanciers », l’entreprise peut également organiser ce type de campagne pour les autres abonnés. Réponse du berger à la bergère via le cadre ci-dessus mentionné : « Nous avons notre cible et nos objectifs. De plus, il faut savoir que MTN Cameroon propose une panoplie de tarifs et d’options qui s’adressent chaque fois à une clientèle bien précise… » Cette fois-ci donc, les jeunes vacanciers « calls boxeurs » sont cette cible. Même si les gérants de call box « habituels » peuvent en profiter. Encore que, au regard de la logique de baisse progressive des coûts de communication et des conséquences de la procédure d’identification des abonnés, les quelques 200 000 emplois que cette activité génère à travers le pays sont menacés.

[readon1 url=”http://www.lemessager.net”]Source :lemessager.net[/readon1]

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