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bloggeurs_opprimes_cpjLa Birmanie arrive en tête d’un classement des dix principaux pays au monde réprimant les chroniqueurs en ligne, selon une étude du CPJ. […]

 

Sur la base de pratiques comme les détentions, les règlementations et les mesures d’intimidation, les autorités de l’Iran, la Syrie, l’Arabie saoudite, la Tunisie et l’Egypte apparaissent comme les principaux oppresseurs de bloggeurs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La Chine et le Vietnam, où l’essor des blogs est confronté à de vastes mesures de surveillance et de contrôle, sont parmi les nations qui oppriment le plus les bloggeurs. Cuba et le Turkménistan, des pays où l’accès à l’Internet est très limité, complètent le tableau de déshonneur. […]

L’IRAN

Régulièrement, les autorités jettent en prison ou harcèlent des bloggeurs affichant des billets critiquant les propos des personnalités politiques ou religieuses, la révolution islamique et ses symboles. Le gouvernement exige que tous les bloggeurs déclarent leurs sites au ministère de l’Art et de la Culture. Les responsables du gouvernement affirment avoir bloqué l’accès à des millions de sites Web, selon les médias. Un bureau du procureur, nouvellement créé, est spécialisé dans les questions relatives à l’utilisation de l’Internet et travaille directement avec les services de renseignement. Une législation imminente pourrait rendre la création de blogs promouvant « la corruption, la prostitution et l’apostasie » passible de la peine de mort.

Illustration: Le bloggeur Omidreza Mirsayafi, emprisonné pour avoir insulté les dirigeants religieux du pays, est décédé dans la prison d’Evin en mars dernier dans des circonstances qui n’ont pas été expliquées de façon détaillée.

LA SYRIE

Le gouvernement utilise des méthodes de filtrage pour bloquer les sites politiquement sensibles. Les autorités jettent en prison des bloggeurs pour la diffusion de textes et même d’articles de tiers dont les contenus sont considérés comme « faux » ou portant atteinte à « l’unité nationale ». L’autocensure est omniprésente dans ce pays. En 2008, le ministère de la Communication a ordonné aux propriétaires de cybercafés de procéder à l’identification de tous les clients, d’enregistrer leurs noms d’utilisateur et les heures d’utilisation, et de remettre régulièrement les documents aux autorités. Des organisations de défense des droits de l’homme ont indiqué que les autorités harcèlent et emprisonnent les bloggeurs considérés comme étant antigouvernementaux.

Illustration: Waed al-Mhana, un défenseur des sites archéologiques menacés, est jugé pour un article qui a critiqué la démolition d’un marché dans le Vieux Damas.

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L’ARABIE SAOUDITE

Environ 400.000 sites sont bloqués à l’intérieur du royaume, notamment ceux qui traitent de questions politiques, sociales ou religieuses. L’autocensure est généralisée. Outre les articles « indécents », l’Arabie saoudite bloque l’accès à « tout ce qui est contraire à l’État ou son système », une norme qui a été interprétée libéralement. En 2008, des guides religieux influents ont demandé des peines sévères, notamment la flagellation et la mort, contre les auteurs en ligne coupables de diffusion d’articles jugés hérétiques.

Illustration: Le bloggeur Fouad Ahmed al-Farhan a été maintenu en détention sans inculpation pendant plusieurs mois en 2007 et en 2008 pour avoir défendu la réforme et la libération des prisonniers politiques.

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LA TUNISIE

Les fournisseurs de services Internet sont tenus de soumettre régulièrement des adresses IP et d’autres informations d’identification au gouvernement. Tout le trafic Internet passe par un réseau central, ce qui permet aux autorités de contrôler et de filtrer le contenu des courriers électroniques. Le gouvernement emploie une gamme de techniques visant à harceler les bloggeurs, notamment la surveillance, la restriction des mouvements des bloggeurs, et le sabotage électronique. Les chroniqueurs en ligne Slim Boukhdhir et Mohamed Abbou ont été emprisonnés pour leur affichages.

Illustration: Dans un discours en mars dernier, le président Zine El Abidine Ben Ali a mis en garde les bloggeurs qui portent l’attention sur les « erreurs et les abus » du gouvernement, disant qu’ils se livraient à des « pratiques qui ne sont pas dignes de la société tunisienne et n’ont rien à voir avec la liberté et la démocratie ».

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L’ÉGYPTE

Karim Amer est emprisonné pour avoir insulté l’Islam et le président égyptien. (Reuters)

Les autorités égyptiennes ne bloquent qu’un petit nombre de sites Web, mais elles contrôlent régulièrement l’usage de la Toile. Le trafic de tous les fournisseurs de services Internet passe par l’opérateur Egypt Telecom contrôlé par l’Etat. Les autorités emprisonnent régulièrement des bloggeurs aux opinions dissidentes pour des durées indéterminées. Les organisations locales de défense de la liberté de la presse ont documenté la détention de plus de 100 chroniqueurs en ligne pour l’année 2008 seulement. Bien que la plupart des bloggeurs aient été libérés après de courtes périodes, certains ont été incarcérés pendant des mois et beaucoup ont été maintenus en détention sans ordonnance judiciaire. La plupart des bloggeurs déclarent avoir été maltraités, et certains ont été torturés.

Illustration: Le bloggeur Abdel Karim Suleiman, connu en ligne sous le nom de Karim Amer, purge actuellement une peine d’emprisonnement de quatre ans sur la base d’accusations d’insulte à l’Islam et au président égyptien, Hosni Moubarak.

METHODOLOGIE

En collaboration avec des experts d’Internet, le CPJ a élaboré les huit critères suivants afin d’évaluer les conditions de travail des bloggeurs dans le monde entier, notamment:

* Un pays emprisonne-t-il des bloggeurs?

* Les bloggeurs font-ils l’objet de harcèlement, de cyber-attaques, de menaces, d’agressions ou d’autres représailles?

* Les bloggeurs pratiquent-ils l’autocensure pour se protéger?

* Le gouvernement limite-t-il la connectivité ou restreint-il l’accès à l’Internet?

* Les bloggeurs sont-ils tenus de se déclarer auprès du gouvernement ou d’un fournisseur de services Internet ou de donner un nom et une adresse vérifiables avant de lancer un blog?

* Un pays possède-t-il des règlements ou des lois pouvant être utilisés pour censurer les bloggeurs?

* Le gouvernement surveille-t-il les citoyens qui utilisent l’Internet ?

* Le gouvernement utilise-t-il la technologie de filtrage pour bloquer ou censurer l’Internet?

Sur la base de ces critères, les experts régionaux du CPJ ont désigné des pays qualifiables pour cette liste. Le classement final est déterminé par un sondage effectué par le personnel du CPJ et des experts externes.

New York, le 30 avril 2009

[readon1 url=”http://www.cpj.org”]Source : Extraits de Committee to Protect Journalists[/readon1]

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