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france_telecom_stephane_richard
france_telecom_stephane_richardAprès avoir usé du langage diplomatique, le patron de l’opérateur historique change de braquet et agite la menace d’un black-out sur les réseaux. Il exhorte donc les géants du Web à mettre au pot… Stéphane Richard reprend à nouveau son bâton de pèlerin concernant la situation de l’Internet mobile et de l’explosion du trafic data en France. Cela fait déjà plusieurs mois que le patron de France Télécom alerte les observateurs sur cette question. Mais cette fois, la limite aurait été atteinte.

On le sait, qu’il soit fixe ou mobile, le trafic data explose dans le monde, et les derniers chiffres donnent le tournis.

“Le trafic sera multiplié par 4,3 entre 2009 et 2014. 95% de ce trafic sera généré par la vidéo. Aujourd’hui Netflix, le service star de films en streaming aux USA, représente 20% du trafic du Web américain aux heures de pointe”, soulignait Marc Latouche de Cisco lors du DigiWorld Summit de l’Idate 2010.

Comment faire pour que les réseaux tiennent une telle charge ? Les opérateurs sont en première ligne en investissant massivement sur la modernisation, l’optimisation ou la création de nouveaux réseaux (ADSL, fibre optique, LTE).

Mais ces acteurs sont dans une situation délicate : ils ne profitent pas vraiment de la chaîne de valeur créée, les éditeurs de contenus étant les premiers à profiter de la bande passante. Résultat, les prévisions d’investissements des opérateurs (en % du chiffre d’affaires) sont en baisse partout dans le monde entre 2011 et 2012, prévoit HSBC.

Je t’aime moi non plus

Deux solutions se présentent donc : changer les règles du jeu concernant les offres et pousser les géants du Web à financer les réseaux. Stéphane Richard a de nouveau mis en avant ces options dans une longue interview au site américain AllThingsDigital.

“Nous devons investir massivement dans les tuyaux afin de fournir la capacité nécessaire pour répondre à l’explosion de la consommation, et du trafic data sur nos réseaux. Dans le même temps, les sites qui génèrent ce trafic n’entendent pas gérer le réseau d’une manière appropriée et globale . Il y a donc un déséquilibre dans le système global. Il est impossible d’absorber une telle explosion du trafic sans, premièrement, investir massivement dans le spectre et l’équipement, et deuxièmement, sans introduire une nouvelle approche de la tarification.”.

Traduction, outre l’amicale pression sur les Google et autres YouTube, il faudra bien en finir avec les offres d’abondance telles que l’on les connaît. “Aujourd’hui, 10% de nos clients consomment 70% de la bande passante, on ne peut plus s’en tenir aux structures tarifaires actuelles. Nous nous dirigeons vers des offres segmentées pour accéder aux services en fonction des besoins du client. Certains, comme les professionnels, paieront des forfaits Premium pour un débit garanti, d’autres auront accès des forfaits qui prendront en compte tel ou tel usage”, expliquait déjà Stéphane Richard en novembre dernier.

Un constat partagé et déjà appliqué par Vodafone. “Il faut revoir les logiques de facturation de l’Internet mobile afin de répartir de façon plus équilibrée les revenus tout au long de la chaîne de valeurs.”, explique Michel Combes, P-DG de Vodafone Europe.

Certains y trouveront leur compte, notamment les petits consommateurs qui auront droit à des offres moins chères (promet-on…) mais pour les autres, la facture risque d’être salée. D’autant que ce type d’offres sera difficile à expliquer au consommateur dont les usages varient, selon les heures et les jours.

Afin de bien faire passer le message, Stéphane Richard agite le chiffon rouge de la rupture : “Personne ne le dit assez fort, mais la réelle menace est un effondrement général ou localisé du réseau”. Une vision qui n’est pas forcément validée par les équipementiers télécoms qui évoquent des marges de manoeuvre encore importantes, notamment grâce à la 4G.

Sur un autre terrain, le directeur général est revenu sur ses relations avec Apple, des relations à la ‘Je t’aime moi non plus’. Tout en louant l’excellence de la pomme, Stéphane Richard critique à nouveau le modèle fermé imposé par l’américain.

“Le fait qu’Apple contrôle son store en validant ou en refusant sans explication telle ou telle application pose un problème. Si nous devions faire face à ce problème, nous saisirons la justice”, menace-t-il.

Là encore, ce n’est pas la première fois que le patron de France Télécom s’oppose à cette philosophie : “Ces environnements captent et retiennent le client alors que nous devons favoriser l’ouverture. Nous entendons donc lancer des outils, des services qui permettent de fonctionner quel que soit l’opérateur, l’OS ou le terminal, avec un seul identifiant, le numéro de téléphone. C’est la philosophie de WAC qui réunit de nombreux opérateurs sur cette question de portail ouvert d’applications”, expliquait-il lors du dernier DigiWorld à Montpellier.

[readon1 url=”http://www.zdnet.fr”]Source :zdnet.fr[/readon1]

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