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telefonicaSi le deuxième groupe de télécommunications d’Europe ne parvient pas à persuader Portugal Telecom de lui vendre sa participation de 50% dans Brasilcel, actionnaire majoritaire de l’opérateur brésilien de téléphonie mobile Vivo Participacoes, il menace de lancer  une offre d’achat hostile sur son partenaire portugais.

Malgré les risques et obstacles politiques que pose une telle opération, il se pourrait que ce ne soit pas une menace en l’air.

Sur le papier, un rachat de Portugal Telecom a ses avantages. Les 5,7 milliards d’euros offerts par Telefonica pour reprendre 50% de Brasilcel représentent 78% de la capitalisation boursière moyenne de Portugal Telecom avant l’offre. Autrement dit, les activités portugaises du groupe, qui contribuent à hauteur de 62% à ses bénéfices, ne sont valorisées que 4,5 fois les bénéfices estimés pour 2011. C’est une affaire si l’on considère le multiple de 8 auquel évolue l’autre opérateur portugais Sonae et le ratio de 10 présenté par des opérateurs européens de taille moyenne comme Belgacom.

Les synergies de fusion entre Vivo et l’activité de téléphonie fixe de Telefonica au Brésil, Telesp, étant estimées à environ 4,3 milliards d’euros, le groupe espagnol pourrait en outre se permettre de payer une prime importante pour reprendre Portugal Telecom.

Après ajustements liés aux coûts de financement et autres, Telefonica pourrait débourser 9,7 milliards d’euros, soit 10,86 euros par action Portugal Telecom, et encore créer de la valeur sur la base de la capitalisation boursière de l’opérateur portugais le 12 mai et des synergies liées à Vivo, estime ainsi Sanford C. Bernstein. Cette somme représenterait une prime de 38% par rapport au cours de Bourse de Portugal Telecom mercredi.

Un rachat de Portugal Telecom comporterait toutefois quelques inconvénients.

Tout d’abord, une offre en numéraire ferait de Telefonica l’opérateur européen le plus endetté après Telecom Italia, avec une dette nette représentant environ 2,5 fois son excédent brut d’exploitation. Cela pourrait remettre en question le généreux dividende de Telefonica, l’une des valeurs les plus rémunératrices du secteur des télécommunications.

Ensuite, il est peu probable qu’une exposition accrue du groupe au sud de l’Europe, à faible croissance, soit bien accueillie par les investisseurs.

Enfin, Telefonica pourrait se heurter à une violente opposition politique au Portugal, en particulier s’il devait procéder à des réductions de coûts.

Il existe par ailleurs des obstacles juridiques à une telle acquisition. Les statuts de Portugal Telecom ne permettent pas à Telefonica d’augmenter sa participation de 10% sans l’accord préalable des actionnaires, et le gouvernement portugais pourrait se servir de sa “golden share” pour bloquer l’opération.

Aucun de ces deux obstacles n’est toutefois insurmontable. Environ 20% des actionnaires de Portugal Telecom sont des banques locales, qui se réjouiraient probablement de pouvoir renforcer leurs réserves grâce à une cession de leurs titres. De son côté, la Commission européenne insiste depuis longtemps sur le fait que les “golden shares” sont contraires aux règles du marché unique.

Pourtant, Telefonica ne devra pas compter sur une confrontation entre Bruxelles et Lisbonne pour parvenir à ses fins au Brésil.

-Matthew Curtin, Dow Jones Newswires

[readon1 url=”http://www.investir.frt”]Source :investir.fr[/readon1]

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